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Interview
: Annie Pietri

Lirado
: Comment vous est venu cette idée de livre
?
Annie Pietri : Comme
toujours je voulais inventer une histoire dont
l'intrigue se déroulerait autour de Versailles
au temps de Louis XIV, et je souhaitais tout particulièrement
aborder le sujet de la création des manufactures
de miroirs en France.
Lirado
: Vous avez prit un héros originaire de
Venise pour cette histoire, tout comme l'était
Carla pour votre livre précédent,
coincidence ou véritable choix ?
Annie Pietri : Ce
n'est pas un véritable choix, juste un
hasard. Il se trouve que dans "carla aux
mains d'or", je parlais du milieu des mariniers
installés au château de Versailles
et qui, dans la réalité, constituaient
"la Flottille" du Roi-Soleil : parmi
eux il y avait bon nombre d'italiens, notamment
les gondoliers. Je me suis amusée à
ce que l'un d'eux soit l'oncle de Carla.
Pour "Le serment de Domenico" j'étais
obligée de faire venir mes personnages
de Venise, et en particulier de l'île de
Murano, puisque c'était là que les
verriers et les miroitiers travaillaient.
Lirado
: Quel est la part de vérité dans
votre livre ?
Annie Pietri : Il
y a beaucoup de choses vraies dans ce livre, ne
serait-ce que le nom du héros : Domenico
Morasse qui était bien l'un des 4 miroitiers
venus de Murano afin de travailler pour le compte
de Louis XIV.
Ces 4 Muranais s'appelaient Antonio della Rivetta,
Hieronimo Barbini, Giovane Civrano et bien sûr
Domenico Morasse (en revanche je ne connaissais
pas son âge, c'est moi qui lui ai donné
19 ans). Ils ont été les seuls à
accepter de venir travailler en France malgré
les risques encourus par eux et leurs familles
restées au pays. Risques bien réels
puisque 2 des muranais ont tout de même
été empoisonnés à
la manufacture de Reuilly ( je n'en ai décrit
qu'un dans mon livre)
Réalité également
pour Claude Du Noyer (directeur de la manufacture
de 1665 à 1679) et M.A. Giustiniani qui
a été ambassadeur de Venise à
Paris durant 3 ans, de fin 1665 à fin 1668.
En revanche, la famille Juguet
(Marcellin, Emilie, Cendrène), et Ettore
Scampi sont des personnages de fiction.
En ce qui concerne :
- Louise de La Vallière, ses enfants et
la famille Colbert, tout est vrai (sauf l'enlèvement
de Marie-Anne et l'exil de M. Colbert à
la fin du livre)
- La Voisin et sa famille, sa maison sur le pont
Marie, ses techniques de voyance, tout est vrai.
- L'histoire d'Henriette d'Angleterre, son "aventure
" avec Louis XIV et sa jalousie, tout est
vrai aussi.
- L'installation de la manufacture et son fonctionnement,
tout est vrai, y compris la visite du roi et de
sa suite au début du livre. Les personnages
cités pour cette visite ont bien existé.
- Les meneurs d'enfants existaient bel et bien,
c'était même un job très lucratif
! Les abandons et placements d'enfants étaient
tellement nombreux et les familles d'accueil bien
souvent aussi cruelles que les Borieux !
En revanche, l'histoire des miroirs
ensorcelés par une potion fabriquée
par la Voisin est une pure fiction !
J' A-DO-RE mêler, voire emmêler,
réalité et fiction... alors des
fois, on a un peu de mal à s'y retrouver.

Lirado
: Quels sont les passages que vous avez préférés
écrire ?
Annie Pietri : Comme
toujours, je préfère écrire
les dialogues !
Sinon, j'aime assez la visite du roi à
la manufacture, les séances de sorcellerie
chez la Voisin, la dispute entre Henriette d'Angleterre
et louis XIV au Louvre juste après la visite
à la manufacture, la dispute entre Louise
de La Vallière et Giustiniani à
versailles, et puis le passage où le meneur
d'enfants dépose le bébé
chez les Borieux. J'aime bien aussi le moment
où Domenico se retrouve devant la vieille
marchande de soupe !
Lirado
: Dans ce livre, vous êtes très critique
parfois envers les membres de la Cour, la raison
?
Annie Pietri : La
vie était dure à cette époque
pour le peuple, je crois qu'il faut le faire savoir.
Les nobles exploitaient non seulement le peuple
mais en plus ils le méprisaient... D'ailleurs,
s'il y a eu une révolution en 1789, ce
n'est pas pour rien !
Lirado
: Quels sont
les aspects que vous appreciez le plus chez Domenico
?
Annie Pietri : D'abord,
il est beau !!! Ensuite il est talentueux ! Comme
dit Colbert au début du livre, "il
a les miroirs dans le sang". Il a beaucoup
de caractère. Il est capable de "rebondir"
après le drame qui lui arrive, tout n'est
pas détruit en lui comme on pourrait le
craindre... il a la force de se venger et surtout
il garde la capacité d'aimer.
Lirado
: Encore à l'époque du Roi-Soleil
! on sait que vous aimez le château de Versailles
mais pourquoi ne pas situer vos écrits
à une autre période plus tardive
?
Annie Pietri : J'y
songe... J'y songe... mais pas tout de suite...
Lirado
: Comment avez-vous procédez pour l'écriture
de ce livre ? Avez-vous dû effectuer des
recherches particulières ?
Annie Pietri : J'ai
mis longtemps à écrire ce livre
qui m'a demandé de longues et fastidieuses
recherches, voilà pourquoi beaucoup de
choses sont vraies. Je suis partie d'une idée
que j'ai exposée en répondant à
la première question de l'interview, et
d'un livre très ancien sur l'histoire de
la manufacture des glaces, livre que j'ai trouvé
par miracle et qui m'a beaucoup aidée.
Lirado
: Quels sont les premiers retour sur votre roman
?
Annie Pietri : Le
serment de Domenico est paru fin février
, début mars, et nous ne sommes que début
juin... Le livre a tout de suite reçu un
très bon accueil selon les dires de Bayard,
ma maison d'édition. Pourtant, il est encore
un peu tôt pour lui prédire un avenir...
Pour ma part, c'est un livre qui me tient à
coeur et j'aimerais vraiment que les lecteurs
prennent autant de plaisir à le lire que
j'en ai eu à l'écrire !
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