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La duchesse de Langeais d'Honoré
de Balzac
Pour les 13 ans et +.
Le roman commence sur une île espagnole,
le général Montriveau débarque et pénètre
dans un couvent. Il est depuis cinq ans à la recherche d'une
femme qu'il aime éperdumment. En écoutant le son de
l'orgue de ce couvent retranché, il reconnait le jeu de celle
dont il est éperdu d'amour. Il décide alors de la rencontrer
et c'est ainsi qu' Antoinette de Langeais apparait face à lui
sous le nom de soeur Thérèse. Discussion s'en suit mais
Antoinette refuse de revenir au monde pour se marier à Montriveau,
il l'a trop fait souffrir...Pour échapper à la pression,
Antoinette dira à la mère supérieur qu'Armand
Montriveau était son amant.
Les deux chapitres suivants racontent l'histoire de La duchesse
de Langeais et de Montriveau. Le décor : Les faubourgs
Saint-Germains, la classe sociale ? L'aristocratie bien sûr...
c'est dans ce vaste cirque que surgit Montriveau qui n'entend
rien aux semblants. Il n'est épris que de ce qui est
juste.
La jolie duchesse s'amuse à le séduire et quand
Armand se fait trop insistant, elle brandit la seule puissance
opposable à un tel homme : Dieu. La duchesse manoeuvre.
Elle n'aime pas le général, elle est flattée
d'en être à ce point désirée, et
la religion lui permet de se refuser tout en faisant durer l'intrigue.
L'amour entre eux est fait de longues conversations et du droit
qu'elle octroie à celui qu'elle appelle son amant de
lui caresser les pieds ou de lui baiser la nuque. Dans leurs
échanges, outre le recours à la morale, la duchesse
use déjà de l'argument de fond : si elle se donne,
elle sera abandonnée par lui. Elle veut un amour que
rien ne dissipe. Quelle plus belle preuve d'amour que de seulement
s'aimer sans se donner !
Montriveau, éperdu d'amour, averti par un ami que la
duchesse ne cédera jamais, fait un saisissant réajustement.
Découvrant l'ampleur de sa propre crédulité,
il décide d'ignorer son aimée qui, dès
lors, mesure ce qu'elle perd : l'amour de sa vie. Il organise
sa vengeance et fait enlever la duchesse pour lui signifier
qu'il ne fallait pas jouer avec lui. Il veut lui marquer le
front au fer rouge et qu'ainsi elle soit perdue pour toujours.
C'est à son tour de vouloir une preuve, car c'est lui
qui doute à présent.
Mais Antoinette est prête à tout maintenant : être
marquée pour toujours, elle le veut. Appartenir à
son maître, elle le demande. Ce serait enfin une preuve
d'amour ineffaçable. Montriveau renoncera, cachant ses
larmes, à sa vengeance et renoncera aussi à son
amour. C'est là que la duchesse donnera les preuves de
son amour. Elle fera ce que jamais on ne fait quand on est du
Faubourg. Elle fera penser qu'elle a dormi chez son amant. La
rumeur enfle. Conseil de famille ! On se charge de ramener la
pauvre enfant à la raison. Rien n'est encore perdu. Son
nom, sa position, son mariage, sa fortune, tout doit être
sauvé. Mais ce que veut Antoinette, c'est tout perdre.
Et prouver la force de son amour, pas seulement la dire.
Tout le Faubourg est au courant de l'inconduite de la jeune
femme, sauf Montriveau ! Elle lui écrit une lettre déchirante
où elle s'offre à lui pour toujours. Elle lui
donne un rendez-vous. S'il n'y vient pas, elle quittera ce monde.
L'on comprend qu'elle ne mourra pas mais ira s'isoler du monde
dans un couvent. Le général lit la lettre simplement
quelques minutes trop tard et manque de très peu le rendez-vous.
La duchesse disparaîtra.
Dans le dernier chapitre, Montriveau, met en place une expédition
pour arracher la duchesse à son couvent
inaccessible. Il y parviendra. Quand il pourra enfin l'emporter
avec lui, il trouvera une morte.
Balzac n'est pas un auteur que je connaissais particulièrement
bien et j'avais surtout un apriori sur lui : l'auteur des longues
descriptions ennuyeuses...ma lecture m'a prouvé le contraire.
Certes descriptions il y a mais l'ennui est absent.
J'ai aimé la façon dont l'histoire est menée
et organisée et je dois dire que j'ai bien aimé
son caractère romantique bien que se ne soit pas mon
genre préféré.
J'ai été agréablement surprise de constater
que pour une fois, la femme n'était pas tout de suite
soumise à l'homme et qu'il s'agissait d'abord d'un amour
impossible d'un homme pour une femme, avant que cela s'inverse.
Je n'avais jamais vu ça encore dans un roman de cette
époque.
Le livre se laisse lire tranquillement et rapidement, l'histoire
nous emporte dans les boudoirs du 19ème siècle,
dans l'amour aristocratique et bourgeois, le reflet d'une société
en quelque sorte. J'adore ces romans qui mêlent Histoire,
réflexion philosophiques et romans...
Sur la Comédie Humaine :
L'idée de la Comédie Humaine se fait progressivement.
Au départ, en 1830, il veut diviser ses romans en deux
grands ensembles : les scènes de la vie privée
et les contes philosophiques. Il signe en 1833 un premier contrat
avec un éditeur (Mme Béchet) et s'engage à
la publication de romans : Etude des moeurs au XIXème
siècle... au total : 12 romans répartis en trois
séries de quatre : scènes de la vie privé,
scènes de la vie de province, scène de la vie
parisienne où figura L'Histoire des 13 (un triptyque
: Ferragus, La duchesse de Langeais, La fille aux yeux d'or).
En 1834, il songe à un ensemble plus vaste que 12 romans
et en 1845, La comédie Humaine (titre inspiré
de la Divine Comédie de Dante) connait son architecture
définitive : il prévoit 137 romans mais en écrira
« que » 85 en 20 ans !
Il répartis ses romans en trois catégories :
- Les études de Moeurs
- Les études Analytiques
- Les études Philosophiques
Balzac écrivait plusieurs romans en même temps
car il ne tenait jamais les délais. Il reprenait cinq
ou six fois ses épreuves, envoyées de manière
incomplète (sans fin) à ses éditeurs. Il
pratiquait la Cavalerie, c'est à dire qu'il dépensait
de l'argent qu'il n'avait pas...
A propos du roman :
La duchesse de Langeais est un roman d'environ 250 pages qui
se découpent en quatre chapitres. L'ordre n'est pas chronologique.
On commence le roman par une vision au présent, puis
les deux chapitres qui suivent sont en flash-back. Le dernier
chapitre est un retour au présent, quelques jours après
l'entrevue entre la duchesse et Montriveau.
Ce portrait d'une coquette représentative des nobles
familles du faubourg Saint-Germain, qui tiennent leur fortune
de leurs terres et qui vivent sur le mythe d'une naissance supérieure,
fut inspiré à Balzac par la Duchesse de Castries
avec laquelle il eut une aventure orageuse, et qui l'humilia
sans jamais se donner à lui. Balzac en conçut
d'abord une violente rancur, puis les relations devinrent
plus cordiale à la parution de La Duchesse de Langeais,
dans laquelle la duchesse de Castries se reconnut en portrait
à demi flatté.
Les avis des internautes sur ce livre
: 
A propos d'Honoré
de Balzac
Honoré Balzac né en 1799, sous le Consulat.
C'est le fils d'un ancien clerc procureur enrichit par la Révolution
Française et la vente de fournitures militaire. Sa mère
est la fille d'un drapier et il existe une grande différence
d'âge entre eux deux (50 et 18 ans). Balzac est donc issu
de la bourgeoisie.
Les relations entre Balzac et sa mère sont mauvaises
: incompréhension.
A 8 ans (1807) et jusqu'à 1813, il est envoyé
au collège des Auratauriens, l'expérience est
marquante d'où le livre : Louis Lambert.
Il commence à partir de 1816 et jusqu'en 1819 des études
de droits mais préfère assister aux cours de Littérature,
Philosophie et Histoire avec les professeurs de la Sorbonne
: Guisot, V.Cousin...
mais pour l'époque, un enfant de la bourgeoisie qui ce
désintéresse du droit est mal vu.
Balzac choisit de devenir en 1819 écrivain, son père,
peu d'accord, lui donne deux ans pour réussir en lui
fournissant une pension modeste.
Commence sa première carrière littéraire.
Au début il veut être dramaturge mais c'est un
échec. Il se lance alors dans le Roman sous divers pseudonymes.
Ce sont des romans noirs ou fantastiques : Argot le pirate,
l'Héritier de Birague... il est influencé par
la littérature anglaise ( romans d'Anne Radcliffe
Les mystères d'Udolfe, romans de Lewis chef d'oeuvre
du roman gothique anglais).
Son écriture est alimentaire.
Ses romans rencontrent peu de succès, il décide
de devenir éditeur, puis imprimeur (papier trop cher)
et aussi de faire lui même les caractères d'imprimerie,...achète
même une fonderie en Italie...il amasse 100 000 francs
de dettes et est poursuivit par des créanciers.
Mne Laure de Berry le sort de cette impasse en épongeant
ses dettes et « l'éduquant » : faire en sorte
que Balzac soit moins Dandy : dépense pas tout son argent
d'un coup pour cultiver l'apparence... Balzac, sous son influence
devient plus conservateur ( Laure de Berry est issu de l'aristocratie)
et même monarchiste.
Le succès de Balzac commence avec son roman : Le dernier
Chouant (1829) et l'écriture de La physiologie du Mariage
(traité analyse vie couple). Il aura la réputation
d'un homme qui comprend les femmes et se préoccupe de
leurs souffrances (obligation de se marier, cantonnée
au foyer...) : il veut leur émancipation.
A partir de 1830, il signe Honoré de Balzac et crée
une polémique. Son succès commence. Entre 1830
et 1848, c'est le triomphe de la bourgeoisie : développement
monde industriel, banques et affaires... Balzac se charge d'analyser
ses changements : bourgeoisie prend le pas sur l'aristocratie.
Ses romans ont pour fond la période 1815 : remonte aux
origines des bouleversements sociaux : recul critique.
Il se marie et rencontre la Contesse Hanska (origine Russe)
avec qui il aura une longue relation et qu'il souhaite épouser
mais elle est déjà mariée au Conte Hanski
et même après la mort de ce dernier (en 1841) elle
refusera longtemps jusqu'à accepter en Mars 1850. Mais
Balzac meurt en Juillet 1850. Victor Hugo fera son éloge
funèbre.
Balzac s'est épuisé au travail, ne dormant presque
plus, écrivant tout le temps.
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